On n’arrête décidément pas le progrès. Voici que le congé pour chagrin d’amour fait son apparition dans de sérieux entretiens entre spécialistes sur le bien-être humain. Car c’est vrai, le chagrin d’amour est une souffrance réelle et parfois longue – qui ne l’a pas expérimenté? – mais personne jusqu’à présent n’avait pensé à l’inscrire au chapitre des congés maladie. Il est donc temps de remédier à cet oubli, à tout le moins d’ouvrir le débat sur la question.
Je trouve d’ailleurs que l’on ne devrait pas s’arrêter en si bon chemin pour conjurer le malheur. D’autres types de congés devraient être envisagés pour que nous puissions traiter dans des conditions optimales nos bobos du quotidien. En voici une liste non limitative, chacun pouvant réfléchir aux congés dont il aurait besoin quand survient un événement contrariant.
Au moins un jour de congé, donc, pour se remettre du retour de vacances, toujours épuisant, et de pouvoir reprendre ainsi le travail dans de bonnes conditions physiques et mentales.
Un jour de congé pour remplir sa déclaration d’impôts afin qu’elle puisse vraiment répondre aux exigences du fisc.
Deux jours de congé pour pouvoir organiser dignement une demande en mariage qui nécessite une mise en scène dévoreuse de temps sur les réseaux sociaux alors qu’on se trouve en plein stress émotionnel.
Un jour de congé pour remplir son bulletin de vote à la veille de certaines élections-votations particulièrement chargées, comme celles du 8 mars 2026, afin de pouvoir soigner les maux de tête provoqués par des questions complexes et embrouillées.
Ce ne serait que le juste prix à payer pour le bon fonctionnement de notre système démocratique et de notre vie en société.
Olivier Feller
Conseiller national PLR Vaud
Article publié le 19 mars 2026 dans Lausanne Cités