Pourquoi mettre un oui en musique

Aujourd'hui, environ 20% de la population suisse jouent d'un instrument de musique et 16% pratiquent le chant. C'est une enquête fédérale qui a mis en évidence cet aspect des pratiques culturelles dans notre pays. Avec ses chorales, ses fanfares, ses orchestres dans tous les registres de la musique, le canton de Vaud témoigne de cette densité de musiciens amateurs et professionnels. Pensez à toutes les manifestations  auxquelles vous participez où la musique est présente de manière vivante, qu'elle soit au centre du spectacle ou de la fête, ou qu'elle en fournisse le décor. Cela paraît tout naturel, comme si la chose allait de soi. Mais si nous voulons conserver cette richesse et cette diversité qui permet d'enrichir la vie d'émotions positives, il faut pouvoir assurer la relève des enseignants et des élèves. C'est la première raison pour laquelle je dirai oui, le 23 septembre prochain, à l'arrêté fédéral sur la promotion de la formation musicale des jeunes.        

La musique n'apporte pas que le plaisir des sens. Elle stimule le cerveau et le développement de l'enfant, et pas seulement des petits Mozart. Si vous avez des doutes, et que vous n'avez ni le temps ni le goût de vous plonger dans la littérature scientifique, il suffit d'assister à un concert d'Henri Dès et d'entendre une multitude d'enfants chanter avec lui pour en être convaincu. Favoriser l'accès à la musique de tous les écoliers, comme le souhaite l'arrêté fédéral, ne peut être que positif pour la formation générale et l'équilibre des jeunes générations.     

Les plus doués en musique, ceux qui se destinent à une carrière professionnelle, ont aussi besoin d'être encouragés. Il faut pouvoir commencer très tôt pour faire carrière. C'est comme pour les sportifs. Les jeunes talents doivent pouvoir mener conjointement les études standards et la formation spécifique. Ils ont besoin de bénéficier d'une filière spéciale dont les horaires sont aménagés pour leur permettre de mener les deux efforts de front. 

Face à tous ces avantages, qui ne sont guère contestables, les adversaires du projet ont une approche formaliste. Ils disent que la promotion de la musique n'a pas sa place dans la Constitution fédérale. Ou que la nouvelle disposition représente une atteinte au fédéralisme. C'est justement pour tenir compte de ces appréhensions que les Chambres fédérales ont adopté un projet qui institue une collaboration entre la Confédération et les cantons dans les limites de leurs compétences respectives. L'article sur lequel nous allons voter prévoit que la Confédération ne légifère que si les cantons ne prennent pas les mesures permettant d'atteindre les objectifs fixés d'un commun accord.

"Sans la musique, la vie serait une erreur", disait Nietzsche. Elle ne serait pas aussi belle, en tout cas, quelle que soit la musique de nos préférences. C'est pourquoi je dirai oui, en septembre, à tous les musiciens de ce pays.    

Olivier Feller
Conseiller national libéral-radical 

Article publié dans 24 heures le 30 août 2012  

Jeudi 30 août 2012