Pour une politique agricole garante de notre alimentation

Le Congrès du PLR Vaud a adopté le 18 avril 2018, sans opposition, une résolution « Pour une agriculture garante de notre sécurité alimentaire ». Cette résolution, élaborée en étroite collaboration avec ma collègue au Conseil national Isabelle Moret et le président de la Commission agricole du PLR Vaud, le député Eric Sonnay, a pour but de préciser la position de notre parti cantonal en matière de politique agricole. L’alimentation, qui est le besoin vital numéro 1 de la population, ne peut pas être totalement à la merci de l’approvisionnement à l’étranger. L’agriculture suisse a donc besoin de notre appui.  

Reprenons quelques points d'importance:

1. L’objectif de la politique agricole est d’assurer en priorité la sécurité alimentaire, conformément à l’article 104a de la Constitution fédérale plébiscité en votation populaire le 24 septembre 2017. Le taux d’auto-approvisionnement actuel assuré par l’agriculture suisse (55% en moyenne) doit être maintenu quelle que soit l’évolution démographique. Une production diversifiée doit pouvoir répondre aux besoins liés à l’augmentation de la population.

2. La sécurité alimentaire n’est pas seulement une question d’approvisionnement. C’est aussi une question de qualité des produits. Selon l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires, près d’un tiers des échantillons prélevés sur les légumes importés d’Asie, en 2016, présentaient une teneur trop élevée en pesticides. 

3. L’agriculture suisse doit être encouragée en tant qu’agriculture de proximité offrant des produits sûrs, de qualité et respectueux du développement durable, ce qui permet aussi de réduire les pollutions liées aux transports de denrées alimentaires provenant de pays lointains. Il est en outre plus facile de contrôler le respect d’une agriculture saine sur notre territoire qu’à des milliers de kilomètres.

4. Les normes auxquelles les exploitants suisses sont soumis sont beaucoup plus strictes qu’ailleurs. A cela s’ajoute la topographie de notre pays, qui ne dispose pas de grandes étendues cultivables. Dans ces conditions, l’agriculture suisse ne peut pas être laissée à la seule loi des marchés, sous peine de disparaître. Elle doit au contraire être préservée face à la concurrence des produits importés qui ne respectent pas les mêmes exigences de production et de qualité que les nôtres.

5. Seule une agriculture forte permettra d’assurer la transmission des savoirs et le développement d’une production de plus en plus respectueuse de l’environnement. Les activités de recherche appliquée et de formation menées par la Station de recherches agronomiques Agroscope sur ses différents sites doivent être soutenues.           

6. Les agriculteurs suisses ont droit à un revenu équitable, qui correspond à leur effort de travail. La charge fiscale des agriculteurs ne doit pas être alourdie.

7. De plus en plus de consommateurs comprennent que le prix ne peut pas être le seul critère de leur choix. Qu’une agriculture de proximité permet de garantir des produits qui méritent le nom d’aliments. Cette évolution des mentalités doit être encouragée. 

Cette résolution, qui pose les bases du maintien de l’agriculture suisse dans un contexte politique et économique exigeant, pourrait inspirer d’autres sections cantonales du PLR.

Olivier Feller
Conseiller national PLR Vaud

Article publié dans Tribune le 23 mai 2018

Mercredi 23 mai 2018